Un barbecue plancha électrique sur un balcon : ce qu’il sait faire

Portrait de Brigitte SalvanPar · 31 août 2026

J’ai acheté un barbecue plancha électrique pour l’appartement d’une amie à Rodez, qui n’a qu’un balcon et pas le droit d’y faire du feu. Je m’attendais à être déçue. Quatre saisons plus tard, je m’en sers aussi chez moi quand il pleut, et j’ai une idée assez nette de ce qu’il fait bien et de ce qu’il ne fera jamais.

Ce qu’un barbecue plancha électrique fait correctement

Il saisit. C’est le point sur lequel j’étais la plus sceptique et c’est celui qui m’a convaincue. Une plaque en fonte émaillée montée à pleine puissance pendant un quart d’heure saisit une tranche de poitrine aussi franchement qu’une poêle, parfois mieux, parce que la surface est large et que la chaleur ne retombe pas quand on pose la viande.

Il excelle sur tout ce qui est fin et qui craint la braise : les tranches de courgette, les poivrons, les oignons coupés en rondelles épaisses, les champignons. Sur un barbecue à braises, ces légumes tombent entre les barreaux ou brûlent avant d’être cuits. Sur une plaque, ils cuisent à plat, dans leur propre jus, et ils sortent dorés sans être desséchés.

Il est aussi remarquablement commode pour la charcuterie sèche du pays. Une saucisse sèche coupée en biais et passée deux minutes par face sur une plaque chaude rend juste assez de gras pour se détendre, sans la catastrophe du gras qui tombe dans les braises et enflamme le tout.

Personne retournant des tranches de courge sur une grille ronde, un plateau de bois à la main
Sur une grille, ces tranches tombent ou brûlent ; à plat, elles cuisent.

Ce qu’il ne fait pas

Il ne donne aucun goût de fumée. Aucun. Les modèles qui promettent un goût grillé avec une pierre de lave ou un bac à copeaux produisent au mieux une odeur de brûlé. Si vous cherchez ce que donne un feu de bois, il faut un feu de bois : j’en parle dans mes mésaventures de maçonnerie, et aucun appareil électrique ne s’en approche.

Il ne tient pas la température sur une grosse pièce. Un rôti de cinq centimètres d’épaisseur fait chuter la plaque de plusieurs dizaines de degrés et la remontée prend deux ou trois minutes, pendant lesquelles la viande cuit mollement. Au-delà de quatre portions servies en même temps, il faut cuire en deux fois, ce qui gâche le repas.

Il supporte mal le vent. Sur un balcon exposé, la plaque perd assez de chaleur pour ne plus saisir du tout. J’ai mis une saison à comprendre pourquoi les résultats étaient bons certains soirs et médiocres d’autres.

Les points que je regarderais avant d’en acheter un

  • Puissance réelle : en dessous de 2000 W pour une plaque pleine largeur, la remontée en température est trop lente.
  • Matière de la plaque : fonte émaillée. Les plaques en aluminium revêtu chauffent vite et refroidissent plus vite encore.
  • Thermostat : un modèle à position unique ne sert qu’à saisir. Trois positions au minimum.
  • Rigole et bac à graisse : amovibles et lavables, sinon le nettoyage décourage l’usage.
  • Thermostat déporté : le cordon doit se détacher, sans quoi la plaque ne passe pas à l’évier.

Sur la cuisson des viandes, c’est la température à cœur qui compte, pas l’aspect de la surface, et les repères publics de sécurité sanitaire des aliments sont rassemblés par le ministère chargé de l’agriculture et de l’alimentation. Une plaque très chaude marque l’extérieur en deux minutes, ce qui donne facilement l’illusion d’une cuisson plus avancée qu’elle ne l’est.

Ce que quatre saisons ont changé dans mes attentes

La première année, je comparais systématiquement au barbecue, et chaque repas finissait sur un constat de manque. La deuxième, j’ai commencé à lui donner ce qu’il sait faire plutôt que ce que j’aurais voulu, et la différence de satisfaction a été immédiate. Ce n’est pas l’appareil qui a changé.

Ce basculement s’est fait un soir de septembre, sur le balcon de Rodez, avec des poivrons et des tranches d’aubergine qui sont sorties exactement comme je les voulais : fondantes dedans, marquées dessus, sans une goutte d’eau rendue. J’aurais été incapable d’obtenir ça sur une grille au-dessus de braises, parce que les tranches auraient séché avant de cuire.

Depuis, je me sers de la plaque pour les légumes à peu près toute l’année, et du feu pour la viande quand j’ai le temps. Les deux ne se concurrencent pas, ils ne font pas le même travail. C’est une évidence qui m’a tout de même pris deux étés.

Balcon meublé d'une chaise et d'une table bistrot, dans la lumière chaude de fin de journée
Un balcon, une prise de courant, et pas le droit d'y faire du feu.

Comment je m’en sers maintenant

Je la chauffe quinze minutes avant de poser quoi que ce soit, ce qui est plus long que ce qu’indiquent les notices. Je ne huile pas la plaque mais les aliments, au pinceau, ce qui évite la fumée inutile. Je cuis les légumes d’abord, la viande ensuite, et je réserve au chaud dans un plat couvert plutôt que de tout faire en même temps.

Pour le nettoyage, un verre d’eau versé sur la plaque encore chaude décolle presque tout, et une spatule en bois finit le travail. Je ne mets jamais de produit sur la fonte.

Le verdict après quatre saisons

Ce n’est pas un barbecue et ce n’est pas censé en être un. C’est une très grande poêle qui travaille dehors, et prise pour ce qu’elle est, elle rend service. Je ne la sortirais pas pour recevoir douze personnes, et je ne m’en passerais pas un soir d’octobre où il pleut et où j’ai des légumes à passer.

Pour l’arrière-saison en extérieur, je lui préfère largement le brasero, dont je parle dans ces notes d’automne. Mais le brasero demande de la place, du bois et une soirée devant soi. La plancha demande une prise de courant.